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Ça s'est passé
Tuesday June 2016
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Le tag à Stalingrad
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Dans son livre “Graffiti Général”, Karim Boukercha raconte l'histoire du tag à travers les lieux abandonnés. Et en particulier le terrain vague de Stalingrad juste à côté de chez Wanted. Une interview à retrouver en intégralité sur le site de Télérama.

(lien : http://www.telerama.fr/sortir/dans-l-histoire-du-graffiti-le-terrain-vague-de-stalingrad-est-fondamental,118419.php )


Quand le graffiti est-il arrivé en France ?
Des images apparaissent dans la presse au début des années 1980, mais c'est anecdotique : les graffeurs de cette époque parlent surtout d'un métro taggé aperçu dans un livre d'histoire de 4e. C'est cette image qui a donné envie à plein de gamins de faire la même chose. Ensuite, l'un des premiers importateurs du graffiti en France à la même époque, c'estBando, dont une partie de la famille vit aux Etats-Unis. Il a découvert le graffiti originel à New-York. De retour à Paris, il se met à peindre. Dans la foulée, il rencontre le britannique Mode2, qui vient à son tour dans la capitale.


Dans “Graffiti Général”, vous consacrez un chapitre entier aux origines du mouvement
J'ai voulu élargir le spectre du bouquin en racontant le graffiti à travers les lieux abandonnés. Dans le graffiti, le terrain vague est fondamental. Stalingrad est le berceau de la culture hip-hop en France. C'est là que tout a commencé vers 1985. La première génération de peintres s'est exercée là-bas. En région parisienne, la constellation s'étend à une une centaine de terrains dès le début des années 1990. Ceux qui pratiquent le graffiti illégal dans le métro, se retrouvent également dans ces lieux car il y a une vie. Ils y rencontrent d'autres graffeurs et constatent l'évolution des peintures, s'en inspirent, innovent...


Pourquoi Stalingrad devient-il l'épicentre du graffiti en France ?
Les prémices du graffiti à Paris se font en extérieur. Les premiers graffeurs vont peindre, dans un contexte où l'illégalité n'est pas marquée. En 1983, ils sont une poignée sur les quais de Seine. L’année suivante, ils vont à Beaubourg et sur les palissades du Louvre. A l'origine, les graffeurs français recherchent la visibilité. C'est d'ailleurs le fondement même du terrain vague de Stalingrad, que l'on apercevait depuis le métro aérien. C'est important car en France, dans les années 1990, il va y avoir une scission entre les graffeurs qui peignent de façon illégale dans le métro et ceux dit « de terrain » qui ont juste envie de peindre tranquillement, à l'abri des flics. 

Comment cette discipline, d'abord confidentielle, est-elle accueillie par la société de l'époque ?
Les premiers rapports commandés par la RATP estiment à mille personnes le nombre de personnes qui peignent en région parsienne et établissent rapidement les notions de défiance et de marginalité. Un sociologue indique que plus on va rentrer en guerre contre le graffiti, plus il va se développer. C'est exactement ce qui s'est passé. L'arsenal répressif n'a que peu d'effets, notamment car l'argent ne rentre pas en ligne de compte dans la démarche du graffeur. Des êtres humains créent une vie parallèle dans des lieux abandonnés propices au développement du graffiti. Dans le contexte d'une ville hyper cadrée, faire de la publicité pour « un produit » que l'on ne vend pas, sans autorisation, c'est un acte que la société a du mal à comprendre. Que veulent ces gens qui écrivent des « hiéroglyphes » sur les murs...

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